arum d'eau

Arum d’eau : espèces, usages et importance économique

29/01/2026

L’arum d’eau (Calla palustris), aussi appelé calla des marais, fascine par sa beauté et son élégance. Plante aquatique prisée pour son feuillage luisant et sa spathe blanche, il s’adapte aux jardins aquatiques, étangs et bords de rivières. Reconnu pour sa composition chimique et ses qualités ornementales, il attire amateurs de botanique et professionnels du paysage. Son histoire et ses usages témoignent de son importance culturelle et économique. Sa large répartition géographique, associée à une préférence pour les milieux humides, souligne son rôle écologique, tandis que sa richesse biologique et son fort potentiel décoratif séduisent passionnés et marchés horticoles.

Origine et histoire de l’arum d’eau

Découverte et premières mentions historiques

L’arum d’eau est une plante originaire des régions humides d’Europe centrale et septentrionale, mais aussi d’Asie du Nord et d’Amérique du Nord. Il a été formellement décrit au XVIIIᵉ siècle par Carl von Linné, dans ses travaux fondateurs de la botanique moderne. Dès cette époque, les naturalistes soulignaient sa capacité remarquable à prospérer dans des sols gorgés d’eau et à former des colonies denses dans les marais, tourbières et zones riveraines, ce qui en faisait un sujet d’étude privilégié.

Évolution de sa classification botanique

Sa classification s’est précisée avec l’avancée des connaissances botaniques. Bien qu’il partage certaines caractéristiques avec d’autres arums, Calla palustris a rapidement été reconnu comme une espèce aquatique distincte, appartenant à un genre monospécifique. Les botanistes modernes confirment son appartenance à la famille des Araceae, en raison de ses traits morphologiques caractéristiques, notamment le spadice cylindrique entouré d’une spathe blanche, qui le distinguent nettement des arums terrestres.

Rôle dans les traditions et usages anciens

Dans plusieurs régions d’Europe du Nord, le calla des marais était utilisé comme plante ornementale, notamment pour embellir les jardins aristocratiques et les abords de lieux symboliques. Sa spathe blanche était associée à des notions de pureté et d’élégance, et apparaissait parfois dans des compositions florales traditionnelles. Certaines sources anciennes évoquent des usages médicinaux populaires, mais ceux-ci restaient limités en raison de la toxicité avérée de la plante, nécessitant une grande prudence. Son histoire reflète ainsi un intérêt durable à la fois esthétique, scientifique et culturel.

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Espèces et variétés de l’arum d’eau

Espèce unique du genre Calla

Contrairement à une idée répandue, l’arum d’eau ne comprend qu’une seule espèce botanique : Calla palustris. Ce taxon est l’unique espèce du genre Calla, ce qui en fait un genre monospécifique au sein de la famille des Araceae. Il se caractérise par ses feuilles larges et cordiformes, son spadice cylindrique et sa spathe blanche bien développée, adaptés aux milieux humides et marécageux.

Confusion horticole avec d’autres arums aquatiques

Dans le langage horticole courant, le terme « arum d’eau » est parfois utilisé à tort pour désigner des espèces du genre Zantedeschia, comme Zantedeschia aethiopica. Bien que ces plantes partagent une apparence similaire et une affinité pour les sols humides, elles appartiennent à un genre distinct et présentent des exigences culturales et une morphologie différentes. Cette confusion est fréquente dans le commerce horticole, mais elle n’a pas de fondement botanique.

Variétés horticoles et formes cultivées

Chez Calla palustris, il n’existe pas de véritables cultivars aux couleurs variées comme c’est le cas chez Zantedeschia. Les formes cultivées se distinguent surtout par des variations mineures de vigueur, de taille du feuillage ou d’adaptation aux conditions climatiques. La spathe reste généralement blanche, parfois légèrement verdâtre en fin de floraison, et le feuillage conserve une coloration verte uniforme.

Différences morphologiques et esthétiques observées

Les différences observées chez l’arum d’eau concernent principalement la taille des feuilles, qui peut varier selon la richesse du sol et le niveau d’humidité, ainsi que la densité des touffes formées. Dans des conditions favorables, Calla palustris peut s’étendre progressivement par ses rhizomes et former des colonies couvrant de larges surfaces. Ces variations naturelles influencent son usage décoratif, notamment en bord d’étang, dans les jardins aquatiques ou les zones humides aménagées.

Description botanique de l’arum d’eau

Morphologie générale

L’arum d’eau est une plante herbacée vivace caractérisée par des feuilles larges, luisantes, de forme cordiforme à légèrement sagittée. Celles-ci mesurent généralement entre 10 et 25 cm de long, selon les conditions de croissance. Les feuilles sont portées par de longs pétioles charnus et spongieux, adaptés aux sols saturés en eau. La plante se développe à partir de rhizomes épais et rampants, qui assurent à la fois l’ancrage dans les substrats humides et le stockage des réserves nutritives.

Particularités des inflorescences et du spadice

L’inflorescence typique se compose d’un spadice cylindrique jaune verdâtre, entouré d’une spathe blanche largement ouverte. Cette spathe, souvent confondue avec un pétale, joue un rôle attractif pour les insectes pollinisateurs. Les véritables fleurs, très petites et peu visibles, sont densément regroupées sur le spadice. Cette organisation est caractéristique des Araceae et constitue un critère d’identification botanique majeur.

Cycle de vie et reproduction

Le calla des marais se reproduit à la fois par voie végétative, grâce à la division naturelle de ses rhizomes, et par voie sexuée, par production de graines. La floraison intervient principalement au printemps et au début de l’été. Après la pollinisation, la plante forme des fruits sphériques charnus, de couleur rouge vif à maturité. Ces fruits sont dispersés par l’eau ou par la faune, contribuant à la colonisation progressive des milieux humides. Le cycle annuel alterne ainsi phases de croissance végétative et reproduction, assurant la pérennité de l’espèce dans son habitat naturel.

calla d'eau fruit

Répartition géographique et milieu de l’arum d’eau

Zones naturelles et climats favorables

La plante se trouve principalement en Europe centrale et méridionale, mais certaines espèces s’étendent jusqu’en Afrique du Sud et en Amérique du Nord. Plante tempérée, elle préfère les climats humides avec des étés modérément chauds et des hivers doux, tout en tolérant des variations saisonnières. Sa présence est souvent concentrée dans les marais, étangs et bords de rivières où l’humidité du sol reste constante.

Types de milieux aquatiques et humides où elle prospère

Plante semi-aquatique, elle s’épanouit dans sols argileux ou limoneux, saturés en eau, ainsi que dans zones inondables temporaires. Elle tolère également des milieux stagnants ou peu profonds, mais ne supporte pas les sécheresses prolongées. Ces habitats permettent un développement optimal du feuillage et favorisent la floraison spectaculaire de ses spathes.

Adaptations écologiques à différents environnements

Pour survivre dans ces milieux, le calla des marais a développé des tiges creuses et des racines rhizomateuses qui assurent stabilité et absorption d’oxygène. Son feuillage large maximise la photosynthèse même en présence d’ombre partielle. Ces adaptations contribuent à sa capacité à coloniser des zones humides tout en résistant aux variations de niveau d’eau et à la compétition avec d’autres plantes aquatiques.

Usages de l’arum d’eau

Utilisations ornementales dans les jardins et plans d’eau

Il est prisé pour l’aménagement des étangs, bassins et jardins aquatiques grâce à ses grandes feuilles vertes et ses spathes blanches élégantes. Il peut être planté en massifs ou isolé pour créer un point focal visuel. Sa floraison printanière attire l’œil et apporte une touche de sophistication aux espaces paysagers.

Usages traditionnels ou médicinaux

Historiquement, l’arum d’eau a été utilisé dans certaines médecines populaires, principalement pour ses rhizomes et racines, bien que sa toxicité limite fortement l’usage direct. Des préparations séchées étaient parfois employées pour traiter des affections cutanées ou respiratoires, sous surveillance prudente. Ces usages témoignent de la connaissance ancienne des propriétés biologiques de la plante par différentes cultures.

Applications dans l’art floral et l’aménagement paysager

Le calla des marais est régulièrement intégré aux compositions florales pour sa forme sculpturale et la durabilité de son spathe. Les architectes paysagistes l’utilisent pour créer des contrastes de couleur et de texture avec d’autres plantes aquatiques. Sa capacité à se développer dans l’eau ou sur sols humides en fait un élément polyvalent pour divers projets décoratifs et écologiques.

Composition et propriétés de l’arum d’eau

Constituants chimiques principaux

L’arum d’eau renferme divers composés chimiques, principalement localisés dans les rhizomes et les feuilles. On y trouve notamment des glycosides, des flavonoïdes et des composés phénoliques, ainsi que des cristaux d’oxalate de calcium, fréquents chez les Araceae. Ces substances jouent un rôle important dans la défense naturelle de la plante contre les herbivores et les agents pathogènes. La présence de minéraux tels que le calcium et le potassium participe également à son développement et à sa vigueur dans les milieux humides.

Propriétés biologiques étudiées

Des travaux scientifiques et observations ethnobotaniques suggèrent que certains extraits de Calla palustris présentent des activités biologiques, notamment antimicrobiennes ou anti-inflammatoires, observées essentiellement dans des conditions expérimentales. Ces propriétés seraient liées à l’action combinée des composés phénoliques et autres métabolites secondaires. Toutefois, ces effets concernent la plante transformée ou étudiée en laboratoire et ne justifient pas un usage direct.

Effets connus et limites d’utilisation

L’arum d’eau est une plante toxique, et l’ingestion de ses parties fraîches peut provoquer des irritations des muqueuses, des troubles digestifs ou d’autres réactions indésirables. En raison de cette toxicité, son emploi en phytothérapie est aujourd’hui abandonné. Les usages contemporains se limitent essentiellement à l’ornementation des jardins aquatiques et à la recherche botanique et phytochemique. Une connaissance précise de sa composition permet d’en apprécier les caractéristiques biologiques tout en évitant tout usage à risque.

calla palustris

Importance économique de l’arum d’eau

Production et commercialisation horticole

Il est cultivé de manière ciblée pour le marché horticole, principalement dans les pépinières spécialisées en plantes aquatiques et en aménagement de bassins. Sa commercialisation reste modérée et de niche, mais stable, en raison de son intérêt écologique et ornemental pour les jardins humides, les étangs décoratifs et les projets paysagers naturalistes. La multiplication par division des rhizomes permet une production relativement simple et fiable, tout en conservant les caractéristiques de l’espèce.

Valeur dans l’aménagement paysager

Contrairement aux arums tropicaux, l’arum d’eau n’est que rarement utilisé en fleur coupée. Sa valeur économique réside surtout dans son usage paysager et écologique. Il est apprécié pour structurer les berges, végétaliser les zones humides artificielles et créer des ambiances naturelles autour des plans d’eau. Son feuillage décoratif et sa floraison blanche printanière apportent un contraste visuel intéressant dans les compositions végétales aquatiques.

Impact sur l’économie locale ou sectorielle

La culture de l’arum d’eau contribue modestement à l’économie horticole locale, notamment au sein des filières spécialisées dans les plantes de zones humides et la restauration écologique. Sa vente s’inscrit souvent dans des projets d’aménagement durable, de renaturation de milieux aquatiques ou de valorisation paysagère. Bien que son impact économique soit limité par rapport à des espèces ornementales plus répandues, sa demande régulière lui assure une place durable sur les marchés spécialisés.

Conclusion

L’arum d’eau est une plante aquatique élégante et monospécifique, appréciée pour ses feuilles larges et ses spathes blanches. Originaire des zones humides de l’hémisphère Nord, elle se développe dans les marais, berges et étangs peu profonds, où ses rhizomes assurent ancrage et propagation. Ses composants chimiques confèrent un intérêt scientifique, bien que la plante soit toxique. Très utilisée en horticulture et aménagement paysager, elle apporte beauté et structure aux plans d’eau. Esthétique et fonctionnelle, l’arum d’eau reste un atout pour botanistes, paysagistes et amateurs de jardins, garantissant sa présence durable dans les collections.

FAQ

Quelles sont les caractéristiques principales de l’arum d’eau ?

Il possède de grandes feuilles cordiformes et des spathes blanches qui entourent un spadice cylindrique. Il se développe dans les zones humides et possède des rhizomes charnus permettant l’ancrage et le stockage des nutriments. Sa floraison printanière est remarquable et attire les insectes pollinisateurs.

Quelles espèces et variétés d’arum d’eau existent ?

Calla palustris est l’unique espèce du genre Calla. Dans le langage horticole, on la confond parfois avec Zantedeschia aethiopica. Les formes cultivées peuvent présenter de légères variations de taille ou de vigueur, mais la spathe reste blanche et le feuillage vert uniforme.

Quels sont les usages traditionnels de l’arum d’eau ?

Historiquement, certaines préparations séchées étaient utilisées, mais en raison de la toxicité de la plante, ces usages sont limités. Aujourd’hui, elle est principalement employée pour l’ornementation des jardins, étangs et aménagements paysagers, ainsi que dans l’art floral pour ses formes sculpturales.

Dans quels milieux l’arum d’eau se développe-t-elle le mieux ?

Il prospère dans les sols saturés d’eau comme les marais, étangs, fossés et berges de rivières. Il tolère les zones partiellement inondées et les sols limoneux ou argileux, avec une croissance optimale lorsque l’humidité est constante et l’exposition modérée.

Quelles sont les propriétés et composés chimiques de l’arum d’eau ?

Il contient des glycosides, flavonoïdes et alcaloïdes, principalement dans les rhizomes et les feuilles, qui renforcent sa résistance aux herbivores et aux pathogènes. Des études indiquent des activités anti-inflammatoires et antibactériennes, mais son usage direct est limité en raison de sa toxicité.

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Auteur

Fouad Chakrouf

Phytothérapeute, botaniste, photographe. Issu d'une famille d'agriculteurs, j'ai toujours été passionné par la nature.

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